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Son nom c'était Claudia

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MessageSujet: Son nom c'était Claudia Lun 27 Jan - 21:57



« Mon…. Histoire ? »

Je… Me rappelle d’une pièce… Une pièce… Une pièce blanche, une pièce sombre. Enfermée dedans, regardant les chaînes de mes mains. Je me balançais lentement d’avant en arrière, attendant.
Bientôt, on allait venir.
La porte s’ouvre, bruit d’une poignée qui se baisse.
Silence, plus rien. Je retiens mon souffle, lève la tête.

-Alors, Claudia… Comment ça va, depuis la dernière fois ?
-…C’est sombre.
-Ah ? Pourtant la lumière est toujours allumée. Tu veux que je te montre à nouveau comment on l’éteint, c’est ça ?
-Oui… S’il vous plait.

Rictus sur mes lèvres. Je fixais la jeune femme qui se tenait si près de moi. Cette femme… Je la connaissais depuis toujours. Je crois. C’est loin, toujours. Elle avait de grands yeux, bleus. Quelque chose de magnifique. Ces yeux là, c’était rare. Je m’en doute, car les deux autres personnes que j’aie vues avaient des yeux plus petits, plus fins.
Je préfère ces yeux à elle. Je les ais toujours préféré.

-Quelque chose ne va pas ?

Automatiquement, mes mains s’étaient mises à frotter fortement mes poignets, faisant cliqueter les chaînes qui y étaient accrochées. J’avais… J’avais mal.

-Ça… Ça gratte…
Plus mes ongles se frottaient contre ma peau, plus elle partait, laissant un filet de sang rouge, perlant, s’accentuant au fil des allées et venues de mes doigts.

-Arrête ! C’est seulement ton organisme qui réagit à l’implant.
Implant ? Implant de quoi ? C’est pour cela qu’on m’avait opéré… ?

-C’était pour quoi ?
-Ça, c’est se-cret.

Elle porta son doigt sur sa bouche, puis me tira vers un mur de la pièce. Sur ce mur, on voyait un autre mur blanc, mais derrière.

-Regarde derrière la glace sans teint. Je vais te révéler un secret.

Des secrets ? Mon visage s’éclaira, je regardais fixement le mur, intéressée par l’idée de savoir ce nouveau secret. Mais elle ne disait rien. Et ce silence m’énervait. Pourquoi… Pourquoi ne le disait-elle pas ?
Quelques minutes de silence glacial passèrent. Au bout de ce temps indéfinie, je vis des personnes habillées en blanc emmener un enfant habillé en blanc lui aussi.

-C…Ces oreilles…
-Les mêmes que les tiennes, tu vois ? Ça t’intrigue ? Tu veux savoir qui c’est ?
-Oui.
-C’est… L’embryon auquel tu as été accolée lors de l’implant.
-Ça veut dire quoi ?
-Ah… Comme tu me regardes… Eh bien, ça veut dire qu’au moment où tu étais trop grande pour rester dans l’éprouvette, on t’a mise avec lui dans le ventre de la mère porteuse.

Elle jouait nerveusement avec une mèche de ses cheveux, répétant à voix basse que je la regardais bien trop intensément, qu’il fallait que j’arrête ou elle allait s’énerver. Je baissais le regard, réfléchit. Si ce garçon là était né avec moi, ça voulait dire que c’était… Mon petit frère ?

-Montre-moi tes poignets.
Cliquettement doux de chaînes, elle m’attrapa les mains, regardait le résultat de la greffe.

-Tu réagis si mal au chien… C’est anormal….
Elle releva la tête, me regarda droit dans les yeux, s’étant soudain décidée à m’expliquer ce que l’on m’avait fait.

-…Car tu vois, tu es à moitié chien ~Enfin, moitié… C’est là une façon de parler~. Alors normalement, tu devrais réagir positivement à ce genre d’expérience…
-Je… Ne comprend pas.
-Ça n’est pas important. Repose toi, la douleur passera peut-être dans la nuit.

La nuit vint, et la douleur, au lieu de s’évanouir, devint infernale. Je mordais mes poignets à tour de rôle, fermant les yeux, secouant nerveusement la tête, et parfois me la cognant contre le mur, pour oublier ne serait-ce qu’un instant cette démangeaison atroce. Puis, ma vision commença à se brouiller, j’avais…Mal. Désormais, j’avais mal. Cela ne démangeait plus, j’avais mal. Énormément mal.

Le matin, la deuxième personne que je connaissais me rendait visite. Je savais que c’était quelqu’un de très important, car la scientifique aux yeux bleus était toujours là avec lui, et l’appelait « Wolfberg-sama ».
Sama, on m’a dit que c’était utilisé seulement pour les personnes réellement importantes, et on m’avait conseillé de l’appeler lui aussi ainsi.
Lorsqu’il était venu, il avait légèrement pâlit, puis s’était retourné vers la scientifique.

-Qu’est-ce que c’est que ça ?! Vous m’aviez promis que cela marcherait !

Une dispute… Je me souviens qu’elle s’était mise à pleurer. Elle allait se faire renvoyer pour faute grave, sans aucune prime de licenciement. Le licenciement, je ne sais toujours pas ce que c’est, mais ça avait l’air grave.
Avant de repartir, il a passé sa main dans mes cheveux, et m’a dit que tout allait s’arranger. Il avait l’air sérieux, mais j’ai quand même sourit. J’étais heureuse, car je l’avais toujours trouvé gentil, et maintenant, j’étais sure que Wolfberg-sama l’était réellement.

Le matin a succédé à la nuit, et la nuit au matin. Les jours ont défilés sans que j’en aie conscience, il me semblait que le soleil se levait en pleine nuit pour se coucher le matin. Ma tête me brûlait, et tout mon corps s’était couvert d’immenses plaques rouge vif.
J’avais sombrée dans un long et profond sommeil, synonyme de l’anesthésie.

Ce fût un cri. Un cri, long, un hurlement. Des gens affolés, des murmures. Une opération ratée. Et ce cri, encore. Un cri de douleur.
Ce fût ce cri qui me sortit de mon sommeil. Je me relevais, regardais mes poignets. Un léger duvet qui n’y était pas avant, un duvet brun… Des poils… Des poils de chien.
J’étais sur le sol de la petite pièce blanche, il faisait froid. Très froid, et on entendait des cris… Et puis plus rien.
Allais-je… Me transformer en chien ? Ça serait amusant ! Un vrai chien…. Je me retournais, regardais le tube de poils qui s’agitait dans mon dos. C’était une queue, m’avait-on dit. On m’avait aussi dit que les gens normaux n’en avaient pas. Ça voulait dire que je n’étais pas normale. Mais ce garçon, là, ce garçon qui était mon petit frère… Il en avait aussi.
En passant, il avait deux oreilles… Pourquoi ? Pourquoi moi je n’en avais qu’une ? Il n’était pas normal !

Le temps se remis à passer, dans la petite chambre. J’avais envie de sortir. D’autres opérations suivirent, et comme à chaque fois, je rejetais le traitement, souffrant durant de longs jours et puis… Je me retrouvais avec de la peau d’une autre couleur sur certains endroits de la peau, des morceaux de poils, des touffes, qui tombaient si facilement, si vite.
Une mélodie commençait à me lanciner la tête, je la chantonnais, et la chantonnais encore, même lorsque que tout le monde dormait, même lorsque cette jeune femme aux yeux bleus en devenait folle, suppliant que j’arrête.

-Tait-toi ! Ce bruit qui résonne toute la journée… Si tu continues, je te mets en muselière !!

Mais elle ne le fit pas. Elle ne le fit jamais. Je restais libre de chanter, et elle me répétait de me taire, toujours.

Un jour, je vis du sang couler sous la porte. Avec un bruit sourd. …Je n’ai jamais revue la femme aux cheveux blonds.

Le lendemain, une autre scientifique était venue prendre sa place.
Et ainsi de suite, les jours s’enchaînèrent.

Et puis, l’idée me vint, lentement. Celle de sortir d’ici. Cette chambre aux murs blancs… Bien trop sombre, bien trop froide, bien trop blanche.
Il fallait sortir, tout de suite.
Mais un plan, un plan ça se prépare. Il fallait que je prépare tout ça, que je réfléchisse. Me balançant toujours d’avant en avant, mes bras passés autour de mes jambes, je cherchais l’idée, l’idée qui ne venait pas. Ce plan, pour me faire évader de cette cage blanche.

-Claudia, c’est l’heure du b….

Je sortis rapidement mes griffes de son corps, elle cracha du sang. Je souris. Il était temps. Ainsi, pour la première fois de ma vie, je sortis sans escorte de cette pièce blanche. Je laissais mes pas me conduire. J’avais tout prévue, tout le monde comptait sur la lumière, même dans cette pièce blanche. Ainsi, s’il n’y avait plus de lumière, même l’espace d’un instant, je pourrais sortir.
Avançant, encore et encore. Le bruit de mes pas sur le sol me sciait la tête. Comment pouvait-on faire autant de bruit ?! Ah, taisez-vous ! Mais mes pieds restaient bruyants, et on allait sûrement me remarquer, avec tout ce bruit.

-Hé, toi !

Ça y est. Je le savais ! Ils faisaient vraiment trop de bruit ! Je me mis à courir. Il n’était pas question d’abandonner si près du but ! Il n’était pas question de retourner dans cette chambre blanche à cause de mes pieds !
J’arrivais dans la salle que je cherchais. L’ancienne, la scientifique aux cheveux blonds, elle m’avait souvent parlée de cette salle. Elle détestait le silence, il fallait qu’elle parle, alors elle me racontait comment fonctionnait cette maison de poupée gigantesque. Elle était idiote. Mais maintenant, c’est finit, elle est morte. Ses cheveux blonds et ses yeux bleus sont morts.
La salle, je venais d’y entrer. Pleins de machines qui ronronnent. –Ronronner, c’est le bruit que fait un neko lorsqu’il est content, même si je ne sais pas ce que c’est qu’un neko.-
Il y a une manette, quelque part. Je supposais que c’était ces barres en fer, je les aie toutes descendues.
Plus d’électricité. Les hybrides font un bruit infernal. Ils sont sûrement dans les pièces à côté, ils font trop de bruit. On va encore plus me repérer à cause d’eux.
Voilà, maintenant, il y a deux personnes en blouse blanche qui m’ont rejoint dans la pièce !
Mais cette fois-ci, je me défends, je mords, je tue.
Deux cadavres, et du sang sur leur blouse. Du rouge sur du blanc. J’adore !

Sortie, reprenant mon souffle, je m’adosse contre un arbre. Ça y est, c’est finit. Je suis libre.
La porte, elle a été passée tellement vite. Je crois que personne ne m’a vue sortir. Pas grave, ce n’est pas grave si personne ne se souvient de moi.
Je regarde en l’air, de l’eau tombe du ciel. C’est… De la pluie. Elle m’en a déjà parlée, c’est de la pluie, qui tombe du ciel. Et le bruit, là, qui résonne, c’est… C’est un bruit sourd ! Comme le bruit derrière la porte, avant que le sang coule sur le sol de la pièce blanche, venant de cette porte fermée. Demi-sourire, demi-tour, je m’en vais.

__

Les jours se succèdent à nouveau. J’ai énormément marchée, je suis fatiguée. Peut-être bien trop pour continuer à marcher. Et pourtant, je marche encore, c’est bizarre, hein ?
Je suis dans une ville. Je crois que ça s’appelle comme ça. Il y a marqué « Ville de Nekotopia » sur un panneau. Alors c’est une ville. Des gens passent devant moi, sans me regarder. D’autres me regardent bizarrement, mais je continue à avancer. Beaucoup ont des oreilles, comme moi, même si ce n’est pas normal. J’ai du mal à comprendre. Normal… Ça veut dire quoi ?
Je titube, finit par m’écrouler sur le sol. Je me suis fait mal, à la tête. Ça résonne, ça résonne comme cette mélodie, cette lullaby, encore et toujours…

*Relève-toi.*

Je décolle ma tête du sol, les cailloux qui y étaient restent un peu accrochés à mon visage avant de tomber. Devant moi, je vois un garçon, avec des oreilles. Il est grand, très grand. Bien plus que moi. Il a les cheveux d’une couleur entre le sang et le gris qu’on voit lorsqu’on ferme les yeux.

*Tu es sourde ?! Relève-toi !*
Il se penche et me tire le bras. J’ai mal, je le mords.

*…T’es vraiment pas bien…. Tiens, tu as faim ?*
Je redresse la tête, il me tend un morceau de pain.

-…C’est bizarre, tes lèvres ne bougent pas quand tu parles… Toi aussi, tu n’es pas normal, hein ?
*Je suis télépathe. Bon, tu te relèves, maintenant ? Si t’attire l’attention, tu vas te retrouver à l’animalerie !*

-C’est quoi une animalerie ?
*…Okay, j’ai compris, t’es idiote.*

Il me tire plus fort et me relève. Ensuite, il me soutient, me tire jusqu’à un autre endroit.
Il m’emmène ailleurs, dans une maison de poupée en pierre, délabrée, froide.

*Allonge-toi là… Tu sembles faible. Tu n’as pas mangée depuis combien de temps ?*
Il me redonna le morceau de pain et fit le tour de la maison de poupée. Je mangeais. J’avais faim, après tout.

Je me souviens que le temps a encore passé. Lui, c’était un inu, comme moi. Enfin, je crois. Je sais pas ce que je suis. Il était gentil. Je me rappelle plus son prénom, mais il était gentil. Je crois qu’il est… Oui, il est mort. Ça c’est passé un peu et longtemps après.

Il y avait… Du monde. Pleins de gens devant la petite maison de poupée défigurée. Pleins de gens. Puis il s’est penché vers moi, il semblait inquiet.

-Claudia…
Ah, oui. Claudia c’était… C’est ? Mon nom. On me l’avait donnée il y a très, très longtemps. Je l’aime bien.
Il semblait triste. Je crois qu’il m’aimait… Je ne m’en rappelle plus… Oui, je crois qu’on était très proche aussi.

Il m’a embrassée et m’a dit que ça irait bien, puis il est sortit.

J’ai entendue un bruit sourd et puis plus rien. Je me suis levée et suis sortit, aie regardée dehors. Un autre bruit sourd, il fait noir.

Je me réveille dans du noir. Je panique, donne un coup de pied. C’est une boite noire, je suis enfermée dedans. Je continue à frapper, encore, et encore, j’ai peur d’étouffer !
Ma respiration s’accélère, j’ai peur, peur, peur.

J’ai l’impression que le sol se déplace, j’aperçois de la lumière.

-Hein ? Le cadavre s’est…
Je me redresse. Je suis assise sur une plaque de métal. Autour de moi, c’est tout blanc.

-Aah
Je me serre fort. J’ai mal partout.

-Ca…Calme-toi. Tu es à la morgue, on t’avait crut morte. Ça va aller, viens, je t’emmène à l’hôpital.

Bruits désagréables, lancements cinglants. Je n’aimais pas cette voiture. Oui, une boite qui se déplace, c’est une voiture, on me l’a dite… Il y a peu, dans le laboratoire… Ah, oui, cette femme aux cheveux blonds… Je me demande ce qu’elle fait, maintenant.

Arrivée à l’hôpital, on constate à nouveau que je ne suis pas morte. C’est une bonne nouvelle. Il parait que j’ai encore quelques blessures, mais rien d’aussi grave que ce que venait de relever l’homme qui m’avait mise dans cette… Cette morgue, c’est ça ?

Voilà, le temps repasse. Encore. Ça devient une manie… Ça m’énerve. J’attends.
Ça y est, je sors de l’hôpital.


J’étais dans cette cage. Une animalerie. Au dessus, une neko n’arrêtait pas de pleurer. A côté, c’était un petit inu, qui remuait sans cesse la queue, demandant sans cesse quand il serait acheté. Acheté ? Cela voulait dire quoi ?
Je me souviens que l’homme qui m’avait amenée à l’hopital m’en avait sortie pour me mettre ici.
Sur ma droite, la cage, quand je la regarde, est vide. Quand je la regarde du coin de l’œil, je crois voir… Comment il s’appelle, déjà ?
Je me rappelle d’un cadavre sur le sol. Ils ont tirés, un bruit sourd.
J’étais… Morte, ce jour-là ?

-Aah… Aah…
On me dit de me taire. Mais je suis morte, ou pas ? Et maintenant ? Est-ce que je suis en vie ? Et lui… ?

-Tu es vivant ?
-Tu parles à qui ?!
*Bien sur.*
-Comment ça se fait ?
-Hé, je t’avais dit de te taire… C’est pas vrai, elle est folle, celle-là !
*A ton avis… ?*

Il se penche et m’embrasse sur la joue à travers la cage. Je tourne la tête, il n’est plus là. Je me mets à rire.
Le vendeur s’est affolé, il a appelé le directeur de l’animalerie, ils étaient en train de parler de moi. Un homme est arrivé dans l’animalerie.

Ensuite.
J’étais dans… Une maison, une grande maison.
L’homme qui me regarde… Il est vieux. Très vieux. Pourtant, il se tient droit, il me sourit.
Je lui sourit en retour, me demande où on est. Il me parle. Il m’explique énormément de chose… Je crois qu’il m’a dit qu’ici, les hybrides… C'est-à-dire les « avec oreilles » se faisaient vendre et acheter. Que j’étais ici chez lui, que je pouvais faire ce qu’il me plaisait, à condition que je reste près de lui.

Son nom… ? Ah, je ne m’en… Désolée.
Il me reviendra forcément un jour.
J’aimais bien cette personne. Il était gentil. Il m’offrait tout ce que je voulais. Si je voulais une peluche, il me l’offrait. Si je voulais une nouvelle robe, je l’avais. Si je voulais un hybride…
Il adorait les loups. Il vivait dans cette immense maison, et aux sous-sols, il y avait des cellules, des catacombes. Et des cellules creusées dans le mur. Dedans, il y hébergeait des ookami. J’aimais bien les loups, c’était moi qui m’en occupais.
Je crois que cela a duré très longtemps. Je ne m’en rappelle plus.
Je sais que les jours se sont quand même succédés, même si je ne le voulais pas. Je sais que…
Ah, il est mort.

Il était malade. Je voulais le tuer, mais il est mort avant. Pourquoi ? Ah, j’en sais rien. Je voulais, c’est tout.
Comme on peut léguer de l’argent à un chat ou à un chien, il m’a léguée tout son argent.

Mais le château était seul, alors je me suis enfouie.
Maintenant, je suis dans une cage, et j’attends… J’attends que… Que lui, dans ma tête… Qu’il se taise. J’attends qu’on ouvre la porte de cette cage, et j’attends qu’on me donne à manger, car j’ai faim, et…
Ah, j’attends de voir ce que devient mon frère. C’est vrai, je l’avais oubliée.
J’attends, et combien de jours, ce n’est pas important, car ça arriveras bientôt, de toute façon.

Dans cette cage, il faisait sombre. Bien trop sombre. Dommage, je préfère quand il fait tout blanc, même si ça ne me plait pas non plus. Je commence à cogner ma tête contre les barreaux de la cage. Car tout les autres « avec oreilles » dorment. Alors ça les réveille. Demain, ils vont le dire au gérant, et le gérant va hurler. J’aime bien quand il hurle. Je crois que j’aime bien lorsque les gens deviennent un peu fous, et lorsqu’il y a ce bruit sourd, après.
Bientôt, quelqu’un va venir m’acheter. Je me demande qui c’est. Je suis fatiguée. Ah, il doit être tard. Et si… Personne ne venait ? Ça serait…

-…Marrant aussi, ne ?

… Aucune réponse. C’est vrai, il ne doit pas être là. Je me retourne et regarde dans la cage d’à côté. Elle est vide, il n’est pas là. Tant pis. J’espère qu’il reviendra vite, sinon je vais m’ennuyer… Énormément. Il n’y a rien à faire ici…
Si ! Manger mon bras… ! Je vais manger mon bras, et après… Après je verrais si… Le gérant dit quelque chose. Je suis sure qu’il y aura bientôt ce bruit sourd. Sourd… C’est quand on n’entend pas. J’adore utiliser ce mot… Mon oreille me gratte… Je crois que j’ai attrapée une maladie… Ça gratte tout le temps… Dommage, au laboratoire, il y avait pas ce genre de problème.
…J’aimerais bien y retourner, maintenant. C’est ennuyeux, ici…


Dans une animalerie maison de poupée, dans une petite cage au fond de la pièce, derrière un écriteau, bien trop grand, bien trop petit…
Le temps passe. Bien trop vite, bien trop lentement. Je m’ennuie. Bien trop. Bientôt, ça sera le matin. J’ai bientôt finit de manger mon bras. Il y a une grosse trace rouge, il manque la chair que j’ai avalée. Il est là, près de moi.

*Tu es idiote… Ça doit faire mal.*
-Na’… Ça fait pas mal.
*Menteuse.*

Je ne réponds pas. Je n’en aie pas le temps. La petite porte de l’animalerie de poupée s’ouvre. C’est le vendeur qui entre. Je lui souris, il me lance un regard bizarre. Il se retourne, cherche quelque chose contre le mur.
-‘Pas la peine, c’est déjà allumé, m’sieur !

Nouveau regard noir, il finit par trouver l’interrupteur. Il allume la lumière. Je me mets à chantonner. Il se retourne, me regarde à nouveau. Il finit par voir mon bras, sursaute, s’approche.
-M…Mais… Tu es folle ?!

Du sang coule sur ma chemise blanche. Je rigole, continue de chanter, encouragée par sa réaction. Je commence à avoir la tête qui tourne. Je rigole encore, puis mes yeux se ferment.
Une nouvelle journée est passée. Je me réveille, il fait déjà jour. Dehors, la lune est pas là. Tant pis, elle viendra bientôt. Le monsieur me lance un regard, il vient de comprendre que je me suis réveillée. Il s’en fiche, en fait. Je regarde mon bras, le sang coule toujours. …C’est pas aujourd’hui qu’il aura un bruit sourd. Je suis déçue.
J’aime bien cette pièce, mais elle est trop sombre. Toute blanche. J’aime pas quand c’est trop blanc. Je préfère quand c’est rouge dessus. J’attends.

*Hé, ça va aller ?*
-Oui, ça va aller.

Je souris, je suis contente qu’il soit là. Je continue à lui parler, je lui dis que je suis déçue que le vendeur ne fasse pas de bruit sourd, et que ça m’énerve qu’il me regarde comme ça, que s’il continue, je le tuerais peut-être. Ma façon de parler me rappelle un peu cette scientifique aux yeux bleus, c’est amusant.

-kirei na rooka ni kirei na heya ga aru no
Couloirs si propres, tellement de chambres blanches...
yoru niwa hitori zutsu tsure te ikare te ru no-♪

Chaque nuit, une personne disparaît-♪



-SILENCE !

Ah, je crois que je l’ai énervée. En même temps, la porte s’est ouverte. Il vient de porter sa main à sa bouche, l’air gêné. Je le laisse s’occuper du monsieur qui vient d’entrer.

*Il a raison, tu devrais peut-être chanter autre chose.*
-Je connais que cette chanson-heu-♬
*Tu mens encore. Je t’en ait appris plein.*
-Oui, mais je préfère celle-là.

Le monsieur qui vient d’entrer m’a remarquée, je lui fait bonjour de la main, rigole, puis me remet à chanter.
Zune De Laudreuil
[ Voyageur ۩ ]
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Age : 353

Feuille de personnage
Race: Vampire
Pouvoir: Télékinésie
Inventaire:
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