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Happy Birthday, Automn.

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MessageSujet: Happy Birthday, Automn. Mar 8 Juil - 23:59

Deux semaines étaient passées comme un courant d'air. Les journées, bien qu'agréables, se ressemblaient toutes. Automn se levait, avec dans les yeux cette lueur de bonheur. Il jaillissait du lit à roulettes qui avait désormais trouvé une place définitive dans le salon et courait à la cuisine préparer le petit déjeuner en chantonnant de vieilles berceuses qu'il n'avait plus entendues depuis le décès de sa pauvre mère.
Les lueurs de l'aube l'éclairaient mais il n'était pas fatigué. Tant l'idée de voir un peu son nouveau maître avant de partir le réjouissait, il n'avait nullement besoin de réveil. Son horloge biologique lui répondait adroitement et ses gestes n'étaient pas le moins du monde endormis.
Il savait ce qui faisait plaisir à son Incube de maître. Du café au lait, avec une touche de chantilly mais surtout pas trop. Pas de sucre, mais des brioches, simples. Avec le temps, Automn avait décidé de les faire lui-même plutôt que de sortir du congélateur des brioches surgelées qu'il devait alors réchauffer au four.
La cuisine le connaissait d'instinct et cela ne l'avait pas dérangé de se lever encore plus tôt histoire de fureter dans les livres de recettes et de dénicher ce qui pouvait se faire de meilleur.
Ibuki n'était pas du matin. Cependant, la bonne humeur d'Automn, qui l'avait d'abord surpris, finit par l'aider à sourire lui-aussi. Il se sentait satisfait d'avoir enfin de la compagnie et les deux garçons discutaient peu, mais joyeusement, avant qu'Ibuki prenne ses affaires -un nécessaire de peinture caché dans une mallette- et parte au Black Roses.
Automn le regardait toujours s'en aller avec un serrement de cœur.

Le reste de la journée se passait entre les différentes tâches ménagères du lieu. Sa Folie l'avait heureusement laissé tranquille. Il avait tant à s'occuper...! Il ne pouvait pas penser à ces vieux souvenirs. Pourtant, quelques fois, l'écho d'une crise d'angoisse revenait lui brouiller les entrailles. Il suffoquait alors, paniqué, et allait se terrer dans quelque coin en attendant le retour de son maître qui n'avait pas à parler pour le faire revenir à la normale.
Ibuki était un véritable miracle pour le fragile hybride. Plus qu'un maître, il était rapidement devenu la personne qui comptait le plus pour lui, son centre du monde. L'esclave aurait été prêt à tout pour l'aider !
Peut-être même jusqu'à mourir.

Convaincu que les jours maussades étaient bien derrière lui, Automn avait baissé sa garde. Rien ne comptait désormais plus que de faire plaisir à son maître qu'il trouvait, curieusement, désespérément seul.
Automn s'était posé de nombreuses questions. La première ayant été pourquoi il avait été acheté ? Il avait longuement réfléchi là-dessus et était venu le second problème : le maître ne l'avait jamais touché. Ne lui plaisait-il pas ? Était-il si répugnant que cela ?
Dans ce cas, Ibuki n'avait eu aucune raison de le tirer de la maison close !

Cela le tourmenta énormément. Automn, qui n'avait jamais réellement eu à réfléchir sur son physique, finit par douter de lui-même. Les compliments de son ancienne maîtresse disparurent bien vite de sa mémoire face à son problème à l'apparence insoluble. Était-il bien trop différent des autres hybrides ? Bien trop loin d'un humain ? Trop... Animal ?
Il en vint à considérer ses sabots avec dégoût. Sa fourrure, qu'il n'avait jamais pris la peine de dissimuler, finit arrachée par touffes dans ces moments de doute. Sa peau, mutilée en dessous, n'était pourtant guère plus agréable à regarder.
Blessé, au fond, ignorant la raison qui mettait tant de distance entre lui et celui qu'il aimait tellement, Automn usa de différents stratagèmes avant de sombrer dans l'abattement.

Ibuki, en effet, tentait du mieux qu'il le pouvait de dissimuler le secret qui le hantait. Il se refusait à avouer à cette créature qu'elle était de son sang. Gêné, un peu écœuré même, par les manœuvres naïves de séduction d'Automn, il avait finit par le rejeter sans pitié, d'un ton dédaigneux et méchant. Le regard de l'hybride s'était alors emplit d'une froide tristesse et l'Incube s'était senti mal. Mais que pouvait-il faire d'autre ? N'était-ce pas assez de devoir chaque jour affronter ce visage lui rappelant tant Saphira ? Oui, il était cruel ! Et alors ? N'y avait-il pas le droit ? Il avait sauvé cet esclave d'un sort terrible... Et on lui reprocherait quelques méchancetés ? Il ne faisait qu'obéir à une certaine morale.
Mais au fond de lui, ses sentiments étaient tout autres.
A la rancœur éprouvé pour l'esclave qui avait auparavant tant monopolisé les jambes de sa belle, se mêlait désormais une sorte d'affection entachée de désir. Ce visage- celui de sa belle- qu'il regardait à travers celui d'Automn. Il sentait chez cette chose lui appartenant le même sentiment qui l'avait englouti lorsqu'il avait rencontré Saphira. Automn était Saphira. Ces gestes, sa voix... Même le bruit des sabots contre le sol lui rappelait cette nuit d’ébats. Il en devint malade. Était-ce immoral de désirer le successeur de sa bien-aimée ? Après tout, n'était-ce pas un esclave ? Il avait vu la façon dont Trixie l'avait traité. L'hybride était fait pour cela !
Fait pour le satisfaire.
Il luttait en vain.

Puis vint cette nuit. Un mercredi. La lune était haute dans le ciel et les étoiles ne brillaient pas. Les deux êtres portaient leurs yeux rivés sur leurs plats, assis l'un en face de l'autre sur la petite table de bois. Automn mangeait lentement alors qu'Ibuki jouait avec sa fourchette, la faisant malmener la purée se trouvant dans son assiette. Timide, l'hybride jeta un énième regard vers son maître. Il ne mangeait pas. N'était-ce pas bon ? Automn manqua de défaillir. Et s'il avait raté le plat ? Il ne se le pardonnerait jamais. Ses battements cardiaques s'emballèrent. Ce fait, désuet pour certains, était impardonnable pour lui, qui avait pris l'habitude d'être puni à la moindre faute. Il tremblait d'une telle bévue.
Alors que les minutes s'écoulèrent, Automn, angoissé, chercha quelque chose pour rompre le silence. Certains éléments ne lui avaient pas échappés et il avait retourné une petite question en sa tête toute la journée. Errant de pièces en pièces, il avait récité les diverses manières de la poser, cherchant celle qui aurait le plus de chance de déboucher sur une réponse positive.

- Maître... Commença l'esclave. Cette nuit... C'est mon anniversaire. Ibuki releva la tête, le fixant quelques secondes de ses grands yeux noirs, l'air vaguement surpris. Serait-il possible que vous me laissiez dormir avec vous en guise de présent ?

Instinctivement, Automn avait resserré ses doigts autour de sa fourchette, par crainte mais aussi par appréhension. Ses jointures devenaient blanches tant il la serrait fort.
Ibuki détourna le regard, semblant hésiter quelques instants. Automn, quant à lui, avait baissé la tête comme un enfant grondé.

- Bien. Pourquoi pas.
Abdiqua l'Incube qui sentit sa propre fourchette lui échapper des doigts.

Les heures semblèrent passer telles des années pour l'hybride, qui n'attendait que le moment du couché. Seulement, Ibuki, peu pressé, prétextant qu'il souhaitait peindre, retarda l'instant fatidique durant quelques temps encore. Arrivé aux alentours de trois heures du matin, il signala à Automn qu'il pouvait aller l'attendre dans le lit, il ne tardera pas à le rejoindre.
Automn, hésitant, ne tarda pas à lui obéir. Tombant de fatigue, il retira le sweat offert par son maître et se coucha, en pantalon, dans le lit. Il se dit avec quelque peu d'amertume que ça ne servira à rien de se déshabiller plus amplement.

Il eut un mauvais rêve cette nuit là. Devant ses yeux défilaient les cellules vides des caves du Black Roses. Faisant un effort surréel pour se rappeler d'une sortie de secours qui n'existait alors que dans son rêve, l'esclave ouvrit la porte du passage secret et courut le long d'un couloir de briques froides sentant la cendre chaude. Ses pieds manquaient à tout moment de se dérober sous lui alors qu'apparaissaient à divers endroits les cadavres qu'il avait eu à brûler tout au long de son existence. Derrière lui, Trixie, transformée en une sorte de Dragon immense, le poursuivait. Les cadavres encourageaient le monstre, souhaitant certainement se venger de celui qui avait fait disparaitre toute preuve de leur existence. Affolé, le pauvre être atteint enfin le bout du couloir. Celui-ci, caché derrière un tournant sec, débouchait sur le deuxième étage de l'établissement, directement sur la porte interdite. Derrière lui s'élevait le souffle brûlant de Trixie et ses rires moqueurs. Devant lui, la porte, noire et à la poignée tâchée de sang. Des pleurs semblaient en émaner. Ni une ni deux, l'esclave assembla son courage et poussa la porte.

Sa main se colla à la poignée. Lorsqu'il la retira, la peau, brûlée, resta collée sur l'objet, laissant la chair de sa paume et de ses doigts à vif. Mais il n'eut pas le temps de ressentir la douleur qu'il aperçut le secret caché derrière la porte.
C'était, pareil aux légendes, un lieu de toutes les horreurs. Les hybrides insolents y étaient emenés pour y être dépecés vifs. Le sang était récolté et changé en boudins, servis aux clients estimés. La chair, tailladée, qui arrachait ces cris d'agonies aux victimes, était jetée dans des gamelles qu'il connaissait bien pour y avoir autrefois mangé.
Il manqua de vomir mais déjà se trouvait auprès de lui Trixie. Levant ses immenses griffes pour attraper ses épaules, il lui semblait qu'il était déjà perdu tant le monstre semblait proche de son but. Cependant, dans un dernier élan de courage, Automn se jeta sur un couteau qu'il arracha des mains d'un des bourreaux en l'attrapant par le tranchant. Ses mains ensanglantées ne le gênèrent nullement lorsqu'il s'agit, héroïquement, de planter l'arme dans le corps de la bête. Le couteau s'enfonça dans la gorge de la créature comme s'il s'agissait de beurre et l'hybride, fier et soulagé, tremblant encore d'effroi, constata sa victoire.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, Automn avait ce même sang sur les mains et les chairs tailladées par ce même couteau. Ce dernier, un inoffensif couteau à beurre, se trouvait planté droit dans le sol à quelques pas de lui. L'hybride se souvint longtemps qu'il se senti bienheureux de voir ce couteau seulement planté dans le sol. Alors il se demanda ce qu'il avait bien pu faire. Encore désorienté, le regard vide, le souffle affolé, il se rappelait bien s'être endormi dans le lit de son maître. Il était toujours, d'ailleurs, torse-nu comme quand il s'était couché. Désormais, il était au sol, assis, le dos appuyé contre le mur de la chambre. Il tourna la tête et remarqua le lit à sa gauche.
Le couteau à beurre avait disparu au moment du repas. L'esclave s'en était rendu compte alors qu'il avait fait la vaisselle et n'avait osé le dire à son maître de peur de le mettre en colère. Surement, s'était-il dit, l'objet avait glissé sous quelques meubles et il le retrouverait le lendemain. Il ne s'était pas rendu compte qu'il l'avait glissé dans sa gorge poche.
Maintenant, il s'en rappelait vaguement.

C'était tout de même surprenant qu'un bête couteau à beurre puisse le blesser à ce point. Il avait dû le serrer si fort pour saigner autant...!

Il tourna la tête à droite, remarquant qu'il avait la nuque endolorie. Il commençait à se rendre compte que le sang n'était pas présent que sur ses doigts. Non, le liquide rouge était éparpillé, baignant la pièce d'une teinte ocre malgré le noir d'une chambre dont la lumière n'était pas allumée. A vrai dire, le sang était bien plus présent autour du couteau qu'ailleurs...
Peut-être était-ce à cause du cadavre d'Ibuki, gisant, ce même couteau planté au milieu de la gorge.

Comment avait-il fait pour enfoncer à ce point un simple couteau à beurre ? Il avait dû l'enfoncer très, très fort pour en transpercer la gorge, hm ?

La question resta en suspend dans sa petite tête aux souvenirs embrouillés. Un instant, Lorelei sembla entrer dans la pièce, mais il se rendit bien vite compte qu'elle n'y était pas.

Il n'y avait que lui et le cadavre d'...

Automn, consterné, réalisant enfin, tourna totalement la tête et ses yeux s'agrandirent de terreur alors qu'il comprit ce qu'était la situation actuelle. Comment ? Non, c'était impossible ! Impossible qu'il ait fait... Qu'il ait tué...
Il regarda à nouveau ses mains couvertes de sang. Sa bouche s'entrouvrit, béante, et il ne savait quoi dire ni que faire devant l'horrible sensation qui l'enveloppait tel un manteau d'échardes. Il sentit la réalité lui revenir et avec elle son corps tout entier trembler à la vue d'un tel cauchemar.
Surement rêvait-il, hein ? Bien sûr qu'il rêvait ! Un cauchemar. C'était un cauchemar, rien de plus !

Il se répéta cela durant deux jours durant. Deux jours face à un cadavre disparaissant petit à petit dans les limbes de la décomposition. Le visage d'Automn était certainement aussi pâle que celui du mort, mais l'hybride ne perdait malgré tout pas espoir. Il continuait de secouer le petit corps, espérant ainsi le ramener à la vie. Il fallait qu'Ibuki se réveille.

Au bout de ces deux jours, la Milice de Sérès enfonça la porte. Elle trouva un hybride sale, affamé, et le regard hébété. A côté de lui, le cadavre d'un Maître.
Dans ce genre de situations, l'enquête ne dure jamais que le temps utilisé pour clore le dossier. Bien sûr, l'hybride fût déclaré comme meurtrier. Si le sang dont il avait été éclaboussé ne suffisait pas à le prouver, le simple fait qu'il soit un esclave suffisait à le faire condamner, faisant de son cas un exemple pour la population toute entière. Une dissuasion pour les esclaves, un avertissement pour les maîtres...
Automn Lane
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Happy Birthday, Automn.

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